Français
En rentrant, j’enleve mes souliers pour être plus à l’aise – la propreté n’est pas une bataille mais une guerre – sans oublier de mater les foufounes des jeunes filles qui passent dans ce cage d’escalier montant vers la ciel- la politesse à ses avantages. Je monte, tout seul pour une fois, vers mon repaire, retrouver mon terrain de jeu et me reconnecter avec ‘cette vie’, avant que j’oublie qui je suis et par dans la nuit pour éternity.
Livre, frigo, canapé, cuisine propre, bordel d’artiste – je fais la liste de ceux qui m’appartiens – plantes pas encore mortes, le linge, à laver, les déchets, à trier. Maintenant, il faut vérifier, mes méls, mon facebook puis un répondeur. Les méls; il y a toujours quelqu’uns même si ce n’est que pour dire qu’il y a toujours quelque chose: discount, party, vous avez gagné, tu souviens-tu de moi? Je suis toujours en vie. Facebook pareil, les gens partagent ce qu’ils devraient garder pour eux. Je m’allonge sur le canapé et laisse le flux me baigne.
Il y a un message vocal. T’es là? Décroche, Ok, voilà c’est moi – heureusement son accent allemande, pas de l’est, me permets de deviner que c’est Anna; j’écoute une allemande en anglais – Ce soir, ce n’est pas possible. Ça ne sera plus possible – elle hésite, elle veut que je lui réponde qu’elle puisse me rejette là, puis finir avec tout cela mais elle parla dans le vide dans l’espoir que l’autre l’entends et elle n’as que le silence de sa voix avec qui disputer; elle choisit cela. J’écoute les soupirs qui parlent plus que la parole. Écoute, elle dit autant à elle que pour moi, j’aimerais que nous serions des amis (et moi j’aimerais qu’elle s’étouffe sur mes gosses). Ok Fuck buddies! Mais ce n’est pas cela qu’elle veut dire, silence, puis elle me demande de me rappeler. Un lapsus ou une envie, profonde de rejeter l’autre. Je l’efface.
Heureusement, je n’ai pas de portable où elle aurait pu gâcher mon thé. Je me douche , je regarde les toits de Toulouse et je sors – ma manière d’articuler l’autre.
English
Back home, I take off my brogues to be more at ease and keep the place clean, without forgetting to get an eye full of the young ones’ funbuns – manners has its moments. However, this evening I climb the stairs alone, towards my lair, rediscovering my playing field and reconnecting with ‘this life’ before I loose myself in the shadows of the cave, at the bottom of a bottle.
Books, fridge, couch, clean kitchen, artist’s mind in installation form: a kip – I make a list of
the things which belong to me – plants not yet dead, dirty laundry, unsorted rubbish. Now,
my emails, my facebook and then an answering machine. Emails: there are always a few
even it if itʼs only to say there is always something on: sale, party, youʼve won, remember
me, I am still alive. And facebook, the same people sharing what they should probably keep to
themselves. I lie on the couch and let the flux rolls wash over me.
There is a message. Are you there? pick up, OK, so it’s me – luckily her non East German German accent and broken English allows me to understand that itʼs Anna. This evening won’t be possible, in fact it won’t be possible anymore . She hesitates, she wants me to answer, so that she can reject me out-right. But at that moment, she only has the silence of here own voice with which to argue. I listen to the sighs more than to her words; they speak more. Listen , She says, as much to herself as to me – I’d like us to be friends. OK, fuck buddies, but that’s not what she means. Silence. She asks me to call her back. A slip of the tongue or a deep desire to reject the other. I delete
Luckily, I don’t have a mobile or she could have ruined my afternoon tea. I take a shower,
look out on to the terracota tiled rooves of Toulouse and then I head out – my way of understanding
the other.
la pauvreté des mails quotidiens, des messages vains…et que dit un dandy à ceux qui partagent avec lui des pensées et des textes qui leur tiennent à coeur et sur lesquels son regard leur tient à coeur? est ce que son role de dandy l’empêche de s’abaisser à l’autre? ou est ce que le dandy ne peut assumer une éventuelle faiblesse conceptuelle nécessaire au feedback qui lui est ici demandée?